Léon Mitouard : la beauté dans le désordre

Des pentes montagneuses escarpées, rouges et grises, vues depuis un véhicule en mouvement

route de Toktogul à Osh

Aujourd'hui, je suis à Osh, une ville du sud du pays. Pour y arriver, nous avons pris un bus qui a longé les eaux turquoise du lac Toktogul, effleurant des montagnes d'un blanc immaculé, des terres brunes et des roches rouges. La steppe retrouve ses couleurs printanières, le vert réapparaît. Le ciel est d'un bleu pur, sans un nuage à l'horizon. Cette palette de couleurs est à couper le souffle.

Osh est la deuxième plus grande ville du pays. Les voitures y pullulent comme des fourmis suivant leur chemin. Le bruit est de retour. Cette agitation ne m'avait pas manqué, et pourtant, elle a un certain charme.

Quel plaisir de voir les gens affairés, en mouvement, actifs ! Je m'assieds sur un banc et j'observe. Le monde s'agite autour de moi.

Des clients déambulent dans un marché couvert orné de textiles et de bannières

Marché d'Osh

Je me perds dans ces rues. Ce dimanche, la ville s'éveille. Le marché bouillonne de vie. Vêtements, nourriture, couteaux, télécommandes, tapis… on y trouve de tout, fait main. De petites boutiques sont installées dans des conteneurs maritimes. Ces immenses boîtes métalliques ont trouvé ici une nouvelle utilité. Chaussures et fruits secs se côtoient. Ailleurs, un fleuriste patiente en jouant au billard.

Ces moments me font sourire. Ce désordre apparent, cette absence d'ordre (de mon point de vue), semble posséder une beauté singulière. Tout est en mouvement, rien n'est figé. C'est dans ce chaos, dans ce bruit, que je trouve le silence. C'est dans ce désordre que j'observe des instants fugaces qui embellissent le monde. Un homme se regarde dans le miroir et arrange ses cheveux, une femme perd son regard dans le ciel.

Des hommes examinent des piles de tapis et de tissus sur un étal de marché bondé

La beauté naît de l'ouverture à l'inconnu, de l'oubli des normes, d'une curiosité insatiable. Le désordre est beau car il rejette l'ordre, car il crée un espace libre, spontané, un terreau fertile pour l'inattendu.

Un homme affûte des outils sur un établi éclairé par une ampoule nue

homme aiguisant les couteaux

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